PATRIMOINE
L'église Saint-Brice
L'église Saint Brice de Couvonges, classée monument historique depuis 1936, est située au nord du village, à l'écart, sur un promontoire qui domine la vallée de la Saulx. Cet édifice, modeste par ses dimensions (27 mètres de long, 12,50 mètres de largeur maximale) comme par sa décoration, constitue un ensemble harmonieux et original qui a pour principal intérêt de regrouper des éléments de différentes époques, principalement des XIIe-XIIIe et XVe-XVIe siècles.
La nef et le choeur

Photo Philippe DROSNE



Photo Philippe DROSNE

Les parties les plus anciennes de l'édifice sont la nef et le chœur à chevet plat. Le chœur semble dater du début du XIIe siècle et la nef de la fin du XIIe siècle. Les murs de la nef, qui font près d'un mètre d'épaisseur, sont consolidés par quatre contreforts. Les fondations ne semblent pas très profondes et l'on peut voir à l'angle sud du bâtiment que les gros blocs de pierre qui composent le contrefort prennent assise sur un appareil grossier de petite taille.
De la même époque date la tour du clocher qui s'élève au dessus du chœur. Celle-ci est contrebutée à ses angles, des côtés nord-ouest et sud-est, par des contreforts à quadruples retraits, ce qui lui donne un aspect massif.
Les chapelles et le portail


Le clocher, recouvert d'un toit en bâtière est percé de deux fenêtres principales, en plein cintre, de style roman.
Durant le XIIIe siècle, une chapelle fut ajoutée au sud-est de la nef. Une grande ouverture en arc brisé a ainsi été créée dans le mur. Cette chapelle est éclairée par une fenêtre géminée de style gothique et sa façade , qui forme un pignon, est encadrée de deux gargouilles.
Sur le même modèle a été bâtie au XVe siècle une deuxième chapelle déterminant ainsi avec la première un "faux transept". Elle abrite actuellement un autel consacré à saint Brice.
Une troisième chapelle, plus simple et de plus petite dimension, a aussi été créée au nord-ouest du chœur; elle abrite trois statues de Saints.
Au cours du XVe ou du XVIe siècle, un porche a été édifié en avant du portail occidental. Sa charpente apparente repose sur sept piliers maçonnés, dont deux prennent la forme de contreforts. Le pourtour intérieur forme un banc.
Enfin, une sacristie fut construite au sud-est du chœur et, si l'on se fie à l'inscription "1642" qui figure sur la paroi extérieure, elle date du XVIIe siècle.
Seuls le chœur et les deux chapelles latérales sont voûtées d'origine. Jusqu'au siècle dernier, le plafond de la nef était constitué d'un simple plancher culminant à environ un mètre en dessous du sommet de la voûte actuelle. Pour construire celle-ci, les solives ont été sciées. On peut cependant encore observer dans ces traverses la présence des rainures dans lesquelles étaient glissées les lames de bois du lambris.
La voûte qui remplace ce plancher a été édifiée en briques.
D'autres modifications ont été effectuées au XIXe siècle. Datent ainsi de cette période les autels de la Vierge et de Saint Brice qui prennent place dans les chapelles latérales, la chaire, les encadrements de porte situés dans le chœur et les fonts baptismaux.
Les cloches : Rosine et Marie-Emilie
Les deux cloches actuelles datent de 1865. Elles ont été fondues par la société Paintandre de Vitry-le-François. Elles pèsent respectivement 486 kg et 350 kg.
Elles remplacent une cloche unique de 619 kg qui avait été fabriquée vers 1820 par Sébastien Royer, fondeur à Bar-le-Duc.
Le château et la manoir
Le château de couvonges
Le château de Couvonges, aujourd'hui totalement disparu, était situé dans la partie basse du village, dans le prolongement direct de la rue du château.
Plusieurs documents d'archives permettent de préciser qu'il était entouré de fossés, abritait une chapelle placée sous l'invocation de la Vierge et était agrémenté d'un jardin parcouru de canaux, qui s'étendait jusqu'à la rivière.
La photographie aérienne de son emplacement permet de deviner, grâce aux différences de couleurs des plantations, son plan carré et l'existence d'une tour d'angle.
Si l'on se réfère aux Mémoires de la Société des Lettres de Bar-le-Duc de 1928, le château féodal originel a été restauré vers 1600, suite à un incendie, par l'architecte Etienne Gratas du Lys.
Vendu comme bien national en 1793, il a été démonté pierre par pierre.
Certains éléments architecturaux ont certainement été réemployés pour la construction de bâtiments dans le village. Tel pourrait être le cas d'une fenêtre à menaux que l'on trouve aujourd'hui intégrée dans le mur d'une grange.
Seuls subsistent comme témoignage sur place des morceaux de tuiles, d'ardoise et de carreaux de terre cuite vernissés éparpillés dans les labours ainsi que quelques éléments sculptés (bas relief représentant un serpent, fragments de colonnes, corniche, marches d'escalier en colimaçon...) découverts à proximité du site.
Le Musée historique lorrain de Nancy conserve une table de bronze sur laquelle sont gravées cinq horloges solaires. Epaisse de 3 cm et formant un carré de 56 cm de coté, elle a été réalisée par le graveur lorrain Jean Appier Hanzelet.
La première horloge en haut à gauche, légendée Horloge contenant les Méridiens de quelques villes principales du Monde, a pour particularité de prendre comme point d'origine le méridien de Couvunge (Couvonges).
Par ailleurs, de chaque coté de l'horloge centrale, sont représentés Antoine de Stainville, seigneur de Couvonges à la fin du XVIème siècle, et son épouse Françoise de Montpezat, sous la forme du dieu grec Mars et la déesse Pallas.
Il est donc possible que cette plaque soit originaire du château de Couvonges.
Bibliographie : Tables d'horloges solaires gravées par Jean Appier Hanzelet. Extrait des Mémoires de la Société d'Archéologie lorraine. 1892. Archives départementales de la Meuse, cote BB 127.
Le manoir
Edifié vers 1830, le manoir a été complètement détruit en 1914. Sa façade arrière s'ouvrait sur un jardin clos agencé comme de nombreux autres jardins du XIXème siècle: grande allée tantôt ouverte, tantôt abritée faisant le tour du parc, pièce d'eau, plantations mêlées d'essences locales et exotiques, grand potager...
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Le lavoir
Le lavoir municipal, alimenté par une source qui prend son origine sous les maisons situées de l'autre coté de la rue principale, était constitué d'un grand bassin faisant office d'aiguayoir, destiné au bain des chevaux.


